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Boris Akounine condamné à 14 ans de prison en Russie : retour sur une affaire politique

L’écrivain Boris Akounine, figure emblématique de la littérature russe contemporaine, a été condamné par la justice russe à 14 ans de prison. Le verdict, prononcé par le tribunal militaire du deuxième district de l’Ouest, repose sur plusieurs chefs d’accusation : justification du terrorisme, participation présumée à des activités terroristes, ainsi que son refus de se conformer au statut controversé « d’agent étranger ».

Un écrivain dissident dans le viseur du Kremlin

De son vrai nom Grigori Chjartishvili, Boris Akounine est l’un des auteurs russes les plus populaires de ces dernières décennies. Il s’est notamment illustré grâce à sa célèbre série de romans policiers mettant en scène le détective Erast Fandorin, personnage emblématique évoluant dans la Russie tsariste du XIXe siècle.

Mais depuis plusieurs années, l’écrivain est devenu une voix critique du régime de Vladimir Poutine, dénonçant régulièrement la politique du Kremlin, en particulier depuis l’annexion de la Crimée en 2014. Installé à l’étranger depuis plus de dix ans, Akounine n’a cessé de prendre la parole contre la guerre en Ukraine, ce qui lui vaut aujourd’hui d’être considéré comme un ennemi du pouvoir.

Inscrit sur la liste des « agents étrangers » et accusé d’extrémisme

En 2023, Boris Akounine a été inscrit sur la liste officielle des « agents étrangers », un label utilisé par les autorités russes pour discréditer les opposants politiques, journalistes indépendants et figures publiques critiques du gouvernement. Cette décision l’a placé dans une situation délicate, l’obligeant à répondre à des obligations administratives spécifiques, qu’il a refusé d’honorer.

La justice russe l’accuse également d’avoir diffusé des propos justifiant le terrorisme et d’avoir soutenu, même indirectement, des activités terroristes. Des accusations qu’Akunine rejette fermement, dénonçant une tentative de museler toute opposition au régime en place.

Une peine lourde : 14 ans de prison en colonie pénitentiaire de haute sécurité

Le procureur a confirmé lors de l’audience que Boris Akounine purgera sa peine dans une prison de haute sécurité. Cette condamnation s’inscrit dans un contexte de répression accrue envers les voix dissidentes en Russie. Le pays a intensifié les poursuites contre les écrivains, journalistes, activistes et personnalités publiques opposées à la guerre en Ukraine ou critiques de la politique du Kremlin.

Déjà en début d’année dernière, l’auteur était placé sur la liste des personnes recherchées pour avoir soi-disant incité à des actes terroristes et pour avoir diffusé des informations jugées mensongères sur les forces armées russes.

Un écrivain engagé face au régime russe

En 2000, Boris Akounine avait été sacré « écrivain russe de l’année », un titre prestigieux qui couronnait son succès littéraire. Il a également reçu plusieurs distinctions à l’international. Pourtant, depuis 2023, il figure désormais sur la liste noire des « extrémistes et terroristes », un statut qui témoigne de la radicalisation du pouvoir russe face aux critiques.

Dans une interview accordée à l’agence EFE, la veille du déclenchement de l’invasion de l’Ukraine, Akounine avait décrit Vladimir Poutine comme « un dictateur post-impérialiste », reprochant au président russe de ramener le pays à un modèle autoritaire.

Selon lui, Moscou n’a jamais accepté l’idée de perdre son influence sur les anciennes républiques soviétiques. « L’Ukraine subit une punition pour avoir choisi de tourner le dos à la Russie et de se rapprocher de l’Europe », avait-il déclaré, évoquant les événements de 2014, de la prise de la Crimée au conflit du Donbass.

Une Russie autoritaire selon Akounine

Boris Akounine compare le système instauré par Vladimir Poutine à un retour au centralisme autoritaire du XXe siècle. Selon lui, le Kremlin suit une logique d’expansion territoriale et de domination régionale, considérant que la puissance d’un État repose sur sa taille et sa capacité à intimider.

L’auteur estime toutefois que, même si Poutine ne ressemble pas encore à Staline, il s’engage sur la même voie : suppression de la séparation des pouvoirs, contrôle total des régions, destruction de l’indépendance judiciaire et répression des opposants politiques.

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