WASHINGTON — Les États-Unis ont fermement condamné ce samedi les menaces proférées à l’encontre de Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), dans un contexte de fortes tensions entre l’Iran, Israël et la communauté internationale autour du programme nucléaire iranien.
Des menaces explicites relayées par la presse iranienne
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a révélé que des responsables iraniens ainsi que des médias proches du pouvoir ont lancé de graves menaces contre Rafael Grossi. Ce dernier est actuellement persona non grata en Iran, accusé d’avoir manipulé des données concernant le programme nucléaire national.
Rubio a notamment cité un éditorial du journal ultraconservateur Kayhan, réputé proche du guide suprême iranien, appelant ouvertement à l’exécution de Grossi s’il remettait les pieds dans le pays, l’accusant d’espionnage au profit d’Israël.
Le Parlement iranien en renfort des menaces
Des membres influents du Parlement iranien ont également exigé une « rétribution » contre le chef de l’AIEA, qu’ils accusent d’avoir transmis des informations erronées facilitant l’offensive israélienne du 13 juin. Ces frappes ont visé plusieurs sites sensibles que Téhéran considère comme des infrastructures civiles liées à l’énergie nucléaire.
Israël, de son côté, justifie cette attaque par la menace imminente d’une militarisation du programme nucléaire iranien — une accusation que l’Iran continue de démentir.
Washington défend l’intégrité de l’AIEA
Sur le réseau social X (anciennement Twitter), Marco Rubio a condamné les appels à l’arrestation ou à l’élimination du directeur de l’AIEA, les jugeant « inacceptables ». Il a réaffirmé le soutien total des États-Unis à l’agence onusienne, saluant le professionnalisme et l’engagement de Grossi dans ses efforts de surveillance.
Rubio a également appelé Téhéran à garantir la sécurité de l’ensemble du personnel de l’AIEA, condition essentielle au maintien d’un dialogue diplomatique sur le nucléaire.
Soutien européen et inquiétudes grandissantes
L’Allemagne s’est jointe à la position américaine, qualifiant les menaces de Téhéran de « profondément préoccupantes ». Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a exhorté l’Iran à cesser immédiatement ces intimidations, notamment après que le régime iranien a refusé à l’AIEA l’accès aux sites nucléaires bombardés.
Rafael Grossi alerte sur les capacités techniques de l’Iran
Malgré les frappes israélo-américaines ayant ciblé des installations majeures à Fordo, Natanz et Ispahan, Rafael Grossi a déclaré dans une interview à CBS que l’Iran conserve les moyens techniques de reprendre rapidement l’enrichissement de l’uranium.
« Les dégâts sont sérieux, mais pas irréversibles. L’Iran pourrait réactiver ses centrifugeuses dans les mois à venir », a-t-il précisé.
Vers une trêve incertaine entre Israël et l’Iran
Après près de deux semaines d’hostilités, marquées par des frappes croisées et un bombardement iranien d’une base américaine au Qatar, un cessez-le-feu a été annoncé mardi dernier. Il a été négocié avec l’intervention directe du président américain Donald Trump.
Néanmoins, la trêve reste fragile. Le chef d’état-major iranien, Abdolrahim Mousavi, a déclaré à la télévision d’État :
« Nous avons de sérieux doutes sur l’engagement d’Israël à respecter le cessez-le-feu. L’Iran est prêt à réagir avec fermeté. »
L’Iran appelle l’ONU à reconnaître Israël et les États-Unis comme agresseurs
Dans un courrier officiel adressé au Conseil de sécurité, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a exhorté les Nations unies à tenir Israël et les États-Unis pour seuls responsables de la guerre ayant duré près de 12 jours.
« Nous demandons formellement que ces deux États soient reconnus comme les initiateurs de l’agression. Ils doivent assumer leur responsabilité, y compris par le versement de réparations », a-t-il déclaré.